fr Copyright 2017Claude Meunier, tous droits réservés. Claude Meunier / balades / écrire avec ses pieds http://www.claude-meunier.com <![CDATA[vieux Paris]]> Je prends par la rue Poliveau, sur le trottoir de droite ; la rue est déserte ; il crachine ; je file. Mais je suis gêné par un monticule de cartons, disposés sur des palettes et enveloppés de film plastique transparent. Cette livraison encombrante m’oblige à me faufiler entre arbres et voitures stationnées : je râle et proteste et grommelle mais me dis que ma vengeance est prête, avec ce qui tombe, leurs cartons, vont pas tarder à prendre l’eau, bien fait, on n’a pas idée, aussi, d’une pyramide pareille, qui vous force à passer dans le caniveau (j’exagère ; je râle ; il crachine, et moi aussi). D’un coup d’œil je vérifie l’état des colis : rien, la pluie n’est pas encore passée, rien d’humide encore mais de petites retenues d’eau parfaitement goutantes sont formées sur le haut des piles. La flotte va y couler bientôt, pour emporter finalement l’obstacle, allez hop, tout ça, au caniveau, et leur marchandise : gâtée, ruinée, délitée. Rassuré et déjà vengé, je file ; mais j’ai eu le temps de lire une des étiquettes, vite, en passant, retardé par les voitures et empétré dans mon grand manteau bleu. Ça m’arrête ; il crachine, mais ça m’arrête : je m’abrite sous la terrasse du 18, immeuble récent, et dans mon calepin, je peux prendre le temps de noter : rue Poliveau : cargaison de slips, abandonnée. Chaque carton est ainsi de « ten slips », étiquette sur fond mauve ; il y a là 6 palettes de 24 cartons, que je dénombre, que multiplie ten égale 840 slips. Je suis au sec ; je m’applique au détail : certains cartons sont notés confort plus, ou confort super, ou confort extra, tous portant l’indication : maxi. Je refais mes comptes et ce sont bien 840 de ces confortables culottes qui dérivent dans la rue Poliveau, sans que personne s’en soucie ; pas de boutiques, d’entrepôt atelier ou hangar et ce tas, est il en partance, ou prêt d’être reçu ? Je m’interroge, comme on voit, et poursuit mes questions : un tel trésor appartient il à celui qui le découvre ? Et cette épave, sur la plage naufragée, m’appartient elle ? et à qui d’autres les mille calbards humides ? qui me disputerait le tas considérable mais humecté de slibards mouillés et dégoutants, parfaitement goutants ? Rien, tant mieux, personne (il crachine ) pour réclamer le butin ridicule, allez hop, à l’eau, au caniveau, à la dérive délitante, le millier de slips abandonnés. Ce questionnement amusé, en même temps que l’arithmétique de tout à l’heure, même rapide, me forcent à considérer plus longtemps mon tas de cartons. Je regarde mieux : quelque chose dans la composition de l’étiquette évoque la légèreté, l’envol gracieux, la feuille qu’on détache, la page arrachée. Le tout, éloigné de la bonneterie. La feuille qu’on détache…le papier…je comprends maintenant…j’y suis, plus de doute : c’est du papier, des culottes en papier, des couches, voilà l’affaire, confort plus, confort super, confort extra…des couches qui prennent l’eau, on voit la scène, le monument absurde, le mastaba comique, énorme paquet gorgé de flotte…des couches culottes, taille maxi, pour bien faire…rangées pour être absorbantes comme il faut : j’en rigole, je file et j’en rigole, une pyramide molle et dégoulinante de mille couches culottes imbibées, rue Poliveau, la vie est belle et la grande ville qui rédige de ces adages : trempé tu dois être, trempé tu seras, y’a pas de couches qui tiennent, super ou extra, file, file en rigolant, file en te récitant la fable du Paris ( incontinent perdu) pluvieux où sont échoués mille slips spacieux et néanmoins légers légers. J’en rigole, je file : doit y’avoir une maison de retraite dans le quartier.
Il y a ( vérif. La semaine d’après)


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<![CDATA[enseignements des coiffeurs]]> Koffi signale ( 4 décembre 2001 )
un salon Volt'hair (40 bd Voltaire )
coup d'coiff ( 8, av. Philippe Auguste )
et aussi antiqui-thé.
pourquoi les coiffeurs
plaisantent-ils plus que les autres ?
Toutes ces boutiques
d'atiffeurs :
Au Caire, derrière midan Tahrir,
remarqué l'enseigne koafir, for men skin.
(retrouvé dans mes papiers le 7 décembre. Voyage de l'hiver 98)
maintenant, les tifs sont datés, les boutiques vieillies,
maintenant, c'est les jeux de mots, l'anglomanie
Volt'hair
Coifirst, où j'ai pris mes habitudes
et Hair de tête
et courant d'Hair
Olivier est en tournée. Il fait un très fort Dubois dans les Fausses Confidences ; il est à Cherbourg ; il appelle (11 décembre) et note Drôle d'hair, en même temps que le classique Zanzi bar, ou chic'peton. De Quimper, la semaine d'avant, il avait ramené 'à l'aise Breizh', une boutique de maillots 'Bob Morlaix'  et la boutique Henri Bouldingue. Je note qu'Olivier est très triste et fort cafard et empilement de douleurs amoureuses.
Très belle promenade dans le Xe, vérificatoire : Louis Blanc, paroisse Saint Joseph, Chateau Landon, gare de l'est. Boulevard de Strasbourg, note et m'amuse : c'est le quartier des coiffeurs africains : au 32, l'enseigne du vendeur de perruques est surmontée de la signature de l'architecte de l'immeuble (1901) : Victor Tondu.
Olivier signale également, dans une conversation classificatoire, les toiletteurs
pour chien.
C'est grotesque, dit-il, la toilette des chiens
alors on préfère en blaguer.
Vendredi 15 mars. Promenade rue des Martyrs, dite rue des Victimes, avec Jenny, où l'on collectionne : 'des hairs à la mode'. Pluie fine, après gentil déjeuner avec Henry et Olivier B. Très triste dans la voiture, Jenny semble remontée par les deux amis, drôles et attentifs.

Et la boutique rachitique de la rue Pierre Semard, derrière la maison, à Ivry, ouverte ces dernier temps, yougoslave, sans jamais personne. Le fauteuil planté au milieu, écorné. carrelage défait (janvier 2003) et d'abord, pourquoi yougoslave ?

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<![CDATA[rue amélie]]> au bout de la grenelle.

d’un pas lent et ennuyé, patelin, adapté au


grenelling my way dans ce coin de consulats
sinistres mais qu’est ce que je foulas
et autres pensées...ahlala... de galas
quand quand j’avise la
rue amélie
que j’enfile sur ce clair princi
pe : ce quartier j’y reviendrai jamais
cette triste rue pas plus ça m’étonnerais
donc prenons là au moins ça sera fait

mais aussi amélie amélie
sais pas pourquoi ça me dit
quelque chose amélie amélo
bien sûr c’est dans queno
me réjouis je en prenant la rue amélie
à onze heure et demi

[lui queneau cette rue de rien du tout amélie
il l’appelle bredouilliquement harlémie
passque deux trois détails Noirs le transportàharlem-ie
(c’est dans Courir les rues et ça rvient dans connaissez vous Paris)]

s’en suit un topographique calcul
flânant hommage à RQcule
je labyrinthe donc danl quartier à angle droit (oui, je sais, ça s’appelle tourner en rond) : grenelle-amélie-saint dominique-passage nicot-grenelle-comète, rectangle dont les deux grands côtés sont amélie et comète et dont les deux petits côtés sont grenelle et saint dominique, rectangle doté d’une grande hauteur : passage nicot. Soit une distance développée de près d’un kilomètre (amélie+nicot+comète) pour une progression d’à peine 50 mètres (coin amélie-grenelle jusqu’à coin comète-StDominique) le temps perdu est donc maximum rapport à la progression             nulle           ce qui signale une très bonne promenade.

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