derniers poèmes de toute sorte

et si

que se passerait-il ?
que se passerait-il ?










si









et si







et










si






hein, que se passerait-il
hein,
que se passerait-il ?

 

vraipire

le pire, c'est que c'est vrai

c'est vrai

quand on cherche
bien
quand on cherche le vrai

on tombe sur le pire
ça manque pas
ça peut pas manquer

si c'est pire
c'est que c'est vrai
(ou que ça va l’être)

le vrai et le pire
ont partie
mêlée

le pire, c'est que c'est
(ontol.)(tautol.)
vrai


plus c’est vrai
plus c’est pire

ça empire
l’empire du vrai

empirer le pire
vrai de vrai


et on arrive
(enfin)
à une vérité

d’apocalypse




 

leur cimetière

                              font tout juste leur promenade autour de leur cimetière

en habitués


                                                  pas plus loin

et encore                                   pas tous


                                                                                 les plus vaillants
                                                                                       patipatinants

 

prendre l'air

je vais prendre l’air
frais

mais de quoi j’aurai l’air
quand j’aurai l’air
frais

même pas sûr que j’aurai
pris l’air

même pas sûr que j’aurai
l’air frais

même pas sûr que j’aurai
pris le frais

même pas sûr que j’aurai
pris l’air niais

(avec mes grands airs)

et même pas sûr que j’aurai
changé d’air


je vous laisse
à ce petit poème
inspiré
dont, à votre air

consterné
je vois que vous avez compris le principe

(manque pas d’air,
le poète...)

 

j'invoque les séances Saône

J’invoque les séances Saône
où le temps le sale temps tourbillaône
et les mauvaises pensées marmaônnent
le sale temps d’arrêt qui bourdaônne.

C’est que je promène entre les deux passerelles
instables du quai Saint Vincent qui font une archipelle
au bout de Lyon haute citadelle pauvre sentinelle
je promène à la pointe de la ville assailli me demande quoi sempiternelle


ment me demande quoi les mauvaises pensées m’assaillent les mauvaises
pensées des bords de Saône c’est la rivière de mon père son zambèze
où il est resté à la pêche quoi sa nostalgique rivière quoi ses fadaises
ses bricoles récits souv’nirs et mâconnismes anamnèses beaujolaizes


mais voilà que je pense mal à mon père-de-la-Saône, j’y pense de travers tant et si bien que je suis arrêté immobilisé au beau milieu de la passerelle coincé par mes mauvaises pensées, ce jour là (28 novembre 2014) (les balades des semaines d’après, au même endroit, ça ira mieux, on s’baigne jamais dans le même passé)

mon père disait en effet la Saône, c’est une rivière une rivière voyez-vous une rivière pas humide mon père formidable avait inventé une rivière pas humide : la Saône