naissance de quelques personnages

Pinel

voici venir Casimir Pinel
tout rond

il arrive il roule
ce bon Casimir Pinel, avec son nom de square
-ce qu’on a pu rire-
on dirait qu’il roule, Pinel
tout rond
avec un nom de square
-ce qu’on a pu rire-
et Pinel     a -t-on idée aussi de s’appeler Pinel
-ce qu’on a pu rire-

-comme c’est loin tout ça-
-ce qu’on pu rire-

sacré Pinel
tout rond
comme c’est loin tout ça

 

USURA ? NO !

Le voilà qui se balade, le voici lentement venir,
c'est Gustave Baguenault de Puchesse

(nous, on l'appelle Tatave).

Toujours très chic et neglecto-sapé, cravaté de près,
Tatave tape le carton à l'apéro.

Toujours bien soulié ainsi que ciré, et revers marqué,
Tatave promène derrière le Lido.

Toujours bien lettré et patiemment érudisé, bouquiné,
Tatave nous raconte ses dico.

Oisif, Gustave Baguenault de Puchesse ? Ben oui, il y tient.
Moindre des choses. Fait rien. Point d'honneur. Son devoir. Pas un geste.
Nul trabajo, working nada, ne rien changer, ne rien bouger, surtout ne rien empoigner, le siècle à main hahaha. Et créer de la valeur, comme disent ces cons, plutôt crever. La course effrénée au one penny/très peu pour luy.
Et les vacances pouah.
Oui, vous avez compris, notre cher Baguenault refuse l'argent qui coule tala pelle, qui ruisselle à pleins tombereaux et qui pousse comme du fumier : le flâneur toujours refusa l'usura :
Tatave, il est vago,
apéro, Lido, dico, y'a pas à sortir de là...
...USURA NO, murmure notre Tatave en faisant le quatrième,
et nous qu'on connaît la chanson, on répond sans faire de bruit : USURA NO...APÉRO SI.

 

Tota

je vois
je vois            Tota                que voilà
la voilà           Tota
je vois Tota                       Cuevas de Vera
Adela Atucha        comtesse Cuevas de Vera
dite                 Tota
elle a laissé ses trois enfants à Londres et son mari
                      Tota
elle rentre de la plage               il est quoi cinq heures
                                                 cinq heures et demi

je lui prépare      un Martini

puis           un autre Martini

                      Tota
                      Tota 

 

Amédée Caramelle

Ah Amédée Caramelle grimace Ah
Ah il s’est tordu le pied en descendant de son lit Ah
le gauche

Ah il s’est recouché sans attendre Ah
et il s’est rendormi

deux jours
trois jours
quatre jours
I sait plus

puis prudemment Amédée Caramelle se relève et pose le pied sur son beau parquet de châtaignier
le gauche
ah c’est doux
ah ça va
ah ça passe
ah il s’appuie mieux

c’est passé c’est mieux c’est doux ça va

Alors Amédée Caramelle se met dans ses pantoufles et
Ah assure sa démarche et Ah
file vers sa journée studieuse

 

Dufilho et ses rêves de frelons

Voici venir l'ami Dufilho, son pas résonne sur les pavés de la rue de la Juiverie.
Dufilho est notre héros ; le village apprécie la détermination et la précision colorée avec laquelle il conduit le récit de ses rêves. Il est encore tôt, faible lueur et rosée cassante : Dufilho se dirige avec précaution vers le café de la Poste ; à huit heures il nous dira qu'il a encore rêvé de frelons.