notations et relevés

le Mini Mental State Examination (MMSE) de ma mère

Le Mini Mental State Examination est un test ordinaire qu'on passe quand on entre dans une maison de retraite médicalisée pour savoir, n'est ce pas, 'où en en est...' Ma mère n'y a pas coupé, son score de 25/30 ayant été jugé : 'OK, correct'.'
La question 'attention et calcul' comporte le rappel suivant : 'pour tous les sujets, même pour ceux qui ont obtenu le maximum de points, demander : 'voulez-vous épeler le mot MONDE à l'envers?'

 

écrire dans les cafés [Bernanos]

Bernanos, préface à Grand cimetières sous la lune : "J'écris sur les tables des cafés parce que je ne saurais me passer longtemps du visage et de la voix humaine dont je crois avoir essayé de parler noblement. Libres aux malins, dans leur langage, de prétendre que j'"observe". Je n'observe rien du tout. L'observation ne mène pas à grand chose. M. Bourget a observé les gens du monde toute sa vie, et il n'en est pas moins resté fidèle à la première image que s'en était formée le petit répétiteur affamé de chic anglais. Ses ducs sentencieux ressemblent à des notaires, et, quand il les veut naturels, il les fait bêtes comme des lévriers.
J'écris dans les salles de cafés ainsi que j'écrivais jadis dans les wagons de chemins de fer, pour ne pas être dupe de créatures imaginaires, pour retrouver, d'un regard jeté sur l'inconnu qui passe, la juste mesure de la joie ou de la douleur."
Préface datée janvier 1938, Palma de Majorque.

 

les peuzeules

Mon père ne disait pas peuzeul' comme font maintenant les enfants bilingués. Non, il persistait à dire [py:zle][comme dans ruze] par exemple dans la phrase : 'oh moi, les puzzles, je suis pas tellement amateur, j'en fais jamais...'
[j'ai dans mes archives vidéo, une interview de Perec où il explique La vie mode d'emploi : il parle lui aussi de [py:zle]]

 

carrefour des épigones

Tout de même, tout de même : la rue Marcel Duchamp donne dans la rue du Château des rentiers ( Paris, XIIIe)….C’est pas une preuve
ça, hein, c’est pas une preuve ?

 

la légende d'Arachnée

une émission nocturne du début de février 2012 où, entre deux endormissements et flottements, je perçois quelques bribes de la légende d'Arachnée. Et comment se fait il, qu'au matin, au moment des notes récapitulatives, il ne me reste de tout ça que l'étrange clausule : 'nous ne sommes pas des singes nus' ? Toujours est-il que cette longue rêverie radiophonnante aboutit à ce que, entre deux sommeils fatigués,  je m'imagine tisserand : je me vois installé à un métier à tisser-drôle de truc, tout de même- appliqué à trames et chaînes. Je cherche des couleurs, ça ne va pas bien, et quoi tisser, ce n'est pas facile, les motifs s'embrouillent. Le tout est compliqué par les histoires d'araignées de la radio : les fils de mon métier pendent des arbres. Puis, peu à peu, me voilà occupé à me tisser une ceinture de flanelle, long travail, de ces ceintures dont on s'entourait les reins ; je reconnais la ceinture de mon père qui protégeait ainsi son lumbago, réapparue tout récemment dans mes souvenirs.